Taper « modèle cession de parts de SCI gratuit » dans un moteur de recherche était, jusqu’à l’été dernier, un réflexe assez sain. On téléchargeait une trame en Word, on remplissait les noms, le nombre de parts et le prix, deux signatures, un passage aux impôts, et la cession était faite. Si vous vous apprêtez à faire la même chose aujourd’hui, arrêtez-vous un instant : depuis le 27 juin 2026, ce document que vous cherchez ne peut plus produire aucun effet, aussi bien rédigé soit-il.
Ce qui a changé le 27 juin 2026
La loi du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes fiscales et sociales a introduit un nouvel article 1865-1 dans le Code civil. Il impose que toute cession de parts d’une société à prépondérance immobilière, ce qui recouvre la quasi-totalité des SCI, soit constatée par un acte authentique dressé par un notaire, par un acte contresigné par un avocat, ou, dans un cas très restreint, par un acte rédigé par l’expert-comptable qui tient déjà la comptabilité de la société.
L’acte sous seing privé, celui que produisent justement tous les modèles gratuits en circulation, a disparu de la liste (le texte est consultable sur Légifrance). Un document signé entre associés sans l’intervention d’un de ces professionnels encourt désormais la nullité. Et le législateur a verrouillé la sortie de secours : le nouvel article 635-0 A du Code général des impôts interdit à l’administration fiscale d’enregistrer une cession qui ne serait pas constatée dans les formes exigées. Sans professionnel, l’opération est donc bloquée deux fois, au civil et au fiscal.
Le vrai danger : les modèles encore en ligne
Le problème, c’est que des centaines de modèles antérieurs à la réforme circulent toujours, sur des sites de documents types, dans des forums, dans de vieux articles. Rien ne les distingue visuellement d’un document valable. Un couple d’associés qui signe aujourd’hui l’un de ces modèles croit avoir cédé ses parts ; en réalité, il détient un acte nul, une cession non enregistrable, et il le découvrira au pire moment, lors d’une succession, d’un contrôle ou d’une revente du bien.
Ceux qui avaient signé avant le 27 juin 2026 n’ont en revanche rien à craindre pour le passé : la réforme ne s’applique qu’aux cessions constatées à compter de son entrée en vigueur.
Que faire à la place, sans exploser le budget
La bonne nouvelle, c’est que l’alternative n’a pas le coût qu’on imagine. Le réflexe « notaire » n’est pas obligatoire : l’acte contresigné par un avocat a exactement la même validité, et il est en pratique la voie la plus simple pour une cession entre associés ou avec un tiers. Des plateformes permettent aujourd’hui de faire rédiger son acte de cession de parts de SCI par un avocat entièrement en ligne : le dossier se constitue à distance, l’avocat vérifie les statuts, l’agrément et la situation des parts, rédige l’acte et le contresigne, pour des honoraires très inférieurs à ceux d’un rendez-vous en cabinet.
Restent les coûts qui, eux, n’ont pas changé : les droits d’enregistrement de 5 % du prix, sans abattement, à la charge de l’acquéreur, et quelques frais d’états administratifs.
En résumé
- Les modèles gratuits de cession de parts de SCI sont devenus juridiquement inutilisables le 27 juin 2026.
- Un acte signé sur cette base est nul et ne peut plus être enregistré aux impôts.
- Le notaire n’est pas la seule issue : l’acte contresigné par un avocat, y compris en ligne, a la même valeur.
- Les cessions signées avant le 27 juin 2026 restent valables.

